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Combien gagne-t-on (réellement) en freelance ?

20 Avr, 2020

Yay 🙌 ! Pour fêter le lancement de la Micropreneure Academy, je t’offre une semaine de podcasts quotidiens autour de l’entrepreneuriat et de la création d’entreprise.

On commence aujourd’hui avec un sujet un peu tricky : combien gagne-t-on réellement en freelance ? Comment déterminer son salaire freelance ?

Le but de cet épisode + article, ce n’est pas de te donner le “revenu mensuel moyen” d’un freelance. C’est bien plus important que cela.

Dans cet épisode, je te détaille ce qui se passe de l’encaissement de ton chiffre d’affaires au versement de ta rémunération sur ton compte bancaire personnel. L’objectif : te faire prendre conscience que facturer plusieurs centaines d’euros par jour en freelance, ce n’est ni aberrant ni abusif.

Je prends ici l’exemple du freelance qui facture au TJM, mais cela vaut pour tous les types de facturation (forfait, mot, heure…) mais également pour tous les types de business (pas forcément que les freelances).

Pourquoi les freelances facturent-ils “aussi cher” ?

Souvent, on débarque sur la planète du freelancing et on commence à regarder les prix pratiqués sur le marché pour fixer les nôtres.

Et, même si on regarde des plateformes freelances comme Malt où les prix sont plus bas que la moyenne, on s’aperçoit que les freelances facturent 300, 400, 500 voire 700 euros la journée ! Comment diable est-ce possible ?! Comment puis-je passer d’un salaire de 2 000 euros bruts à une rémunération journalière de 450 euros ? Pourquoi est-ce que le salaire freelance est-il si élevé ?

L’erreur n°1, c’est de comparer ton ancienne (ou actuelle) rémunération de salarié avec les taux jour moyens des freelances. Ça n’a absolument rien à voir.

Pourquoi comparer l’incomparable ? Les freelances n’ont pas de congés payés, pas de sécurité de l’emploi, pas d’avantages propres aux salariés (13ème mois, tickets-resto, réductions, mutuelle…), une protection sociale pourrie, une retraite ridicule… Ils doivent en outre payer “de leur poche” toutes les dépenses professionnelles vitales à l’exercice de leur activité, anticiper les périodes creuses, ou encore prendre 234949 casquettes et fonctions différentes pour faire vivre leur business.

Je pourrais m’arrêter là, mais je préfère te présenter un exemple concret 😉 Prenons le cas d’un freelance qui facture 300 euros la journée et qui n’est, pour des raisons de facilité, soumis à la TVA.

Salaire freelance : prends en compte le temps travaillé… et facturé

Est-ce qu’un freelance qui facture 300 euros par jour gagne forcément 6 000 euros par mois ? Pas vraiment.

En freelance, tu n’es payée que pour le temps passé sur tes missions clients. On doit donc enlever a minima les week-ends, les vacances, et les jours où tu es dans l’impossibilité de travailler (maladie…).

Avec ce petit calcul, on considère en principe que tu vas pouvoir travailler 220 jours par an : 365 jours – 100 jours week-ends – 6 semaines vacances/maladie.

Au contraire, un salarié est payé sur une base de 52 semaines par an, qu’il soit au boulot ou non.

Cependant, il est très peu probable que tu puisses facturer 220 jours par an. Quand on est freelance, on jongle entre 30 000 casquettes et 15 000 tâches (au mooooins) : communiquer sur les réseaux sociaux, mettre à jour son site Internet, se former, préparer les rendez-vous prospect, résoudre les problèmes techniques, être sollicité pour divers évènements…

Bref : il y a énormément de tâches non facturables en freelance. C’est la raison pour laquelle il faut absolument que tu puisses les “facturer indirectement” en fixant des bons tarifs, ceux qui peuvent compenser ce temps non facturé.

En général, on estime que 40 % du temps de travail des freelances est affecté à des tâches non facturables. Cela signifie que tu ne factures réellement que 220 * 60 % = 130 jours par an.

Et encore ! 130 journées facturables et facturées, ça correspond à un carnet de commandes bien rempli, sans trop de périodes creuses.

L’impact des charges sociales et fiscales sur le revenu freelance

Tu ne factures en moyenne que 130 jours par an… Mais, en plus, tu dois penser aux charges sociales et fiscales basées sur ton chiffre d’affaires. Tu paies en effet toute une série d’impôts et taxes en micro-entreprise : impôt sur le revenu, cotisations sociales à l’URSSAF, ou encore CFE (un impôt local).

[Article lié : Que paie-t-on lorsque l’on est auto-entrepreneur ?]

Si tu es en prestations de services, tu dois payer 22 % de charges sociales tous les mois ou tous les trimestres (selon la périodicité choisie).

Le montant de l’impôt sur le revenu est un peu plus difficile à anticiper (sauf si tu as opté pour le versement libératoire) car il dépend des revenus de ton foyer et de sa composition. Mais considérons que tu paies 10 à 20 % d’impôts sur ton chiffre d’affaires.

Enfin, si tu exerces à domicile, tu paies chaque année une cotisation minimale de CFE : environ 200 à 300 euros par an. Là encore, aucun montant fixe ne peut être énoncé. Ça dépend majoritairement de ton lieu de résidence. Si au contraire tu exerces ton activité dans des bureaux professionnels, le montant sera un peu plus élevé.

Salaire freelance : pense également à tes charges professionnelles

Ton salaire freelance dépend également du montant de tes charges professionnelles, c’est-à-dire toutes les dépenses qui servent à l’exercice de ton activité (de façon directe ou indirecte). C’est par exemple l’abonnement à un coworking, les logiciels, le matériel, les abonnements, les fournitures de bureau, les formations…

Tu le sais sans doute : en micro-entreprise, on ne peut pas déduire les charges pour leur montant réel. Cela fait partie des gros inconvénients de la micro-entreprise.

Cela vient d’autant plus réduire ta rémunération mensuelle de freelance.

Rémunération du freelance : quid des autres désavantages non quantifiables ?

Enfin, le revenu des freelances est “élevé” car il doit compenser les désavantages liés au statut d’indépendant :

  • Une faible protection sociale
  • Une faible retraite
  • Aucune sécurité de l’emploi
  • Activité fluctuante et incertaine
  • Aucun avantage propre au salariat : tickets resto, avantages CE, voiture de fonction…

Tous les mois, tu dois donc te constituer une trésorerie de secours pour te prémunir contre ces risques-là. J’explique tout cela dans l’épisode de podcast sur la méthodologie financière en micro-entreprise.

La trésorerie est extrêmement importante lorsque l’on a une entreprise… Même si on est auto-entrepreneur !

[À lire/écouter également : Comment gérer ses revenus d’auto-entrepreneur ?]

Revenu en freelance : ce qu’il faut retenir

Il est absolument impossible de comparer la rémunération d’un freelance à celle d’un salarié. D’ailleurs, ces sommes là n’ont absolument pas la même nature : un chiffre d’affaires ne constitue certainement pas un salaire !

On peut très bien gagner sa vie en freelance, mais ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense. Les indépendants supportent de nombreuses charges, et leur statut n’est pas sans inconvénients.

C’est la raison pour laquelle il est absolument indispensable de fixer les bons tarifs. Un TJM en-dessous de 250 euros par jour, par exemple… Ce n’est vraiment pas raisonnable !

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