L’essentiel :
• Le portage salarial CDI est un contrat à durée indéterminée signé avec une société de portage : tu restes salarié tout en exerçant en indépendant.
• Il est taillé pour les missions longues ou enchaînées (le CDD de portage est plafonné à 18 mois, le CDI n’a pas de limite de durée contractuelle).
• Tu gardes assurance chômage (ARE), retraite, mutuelle et congés payés, comme dans un CDI classique.
• Ton salaire net représente 45 à 55 % du CA HT facturé, après frais de gestion (7 à 11 %) et cotisations sociales.
• Conditions d’accès : diplôme bac+2 dans ton domaine ou 3 ans d’expérience professionnelle dans le même secteur.
• La proportion de CDI dans le portage est passée de 35 % (2015) à plus de 67 % (2022) selon le rapport PEPS. C’est désormais la norme du secteur.
Tu factures 500 € par jour comme consultant, mais aucun CDI à montrer à la banque. Ou tu veux quitter un poste salarié sans couper ta protection sociale du jour au lendemain. Le portage salarial CDI répond exactement à ces deux scénarios. Concrètement : tu signes un CDI avec une société de portage, tu conserves tous les droits sociaux d’un salarié et tu gardes l’autonomie d’un indépendant. Ce format a décollé en France depuis 2015 et représente aujourd’hui la majorité des contrats actifs du secteur. Ce guide te donne les chiffres réels, les conditions exactes, et les étapes pour activer ton portage salarial CDI sans mauvaise surprise.
- Comprendre le CDI de portage salarial en 2026
- Comparer CDI et CDD en portage salarial
- Remplir les conditions d’accès au portage salarial CDI
- Calculer ta rémunération réelle en CDI de portage
- Activer ta protection sociale complète
- Utiliser le CDI de portage pour décrocher un crédit
- Passer en portage salarial CDI : les 3 étapes concrètes
- FAQ : tes questions sur le portage salarial CDI

Comprendre le CDI de portage salarial en 2026
Le portage salarial CDI repose sur une relation tripartite encadrée par le Code du travail : toi (le salarié porté), la société de portage (ton employeur légal), et l’entreprise cliente qui te confie les missions. Tu factures via la société de portage, elle encaisse les honoraires et te verse un salaire après cotisations. Le tout sur fond de CDI, un vrai contrat de travail, pas un statut hybride bricolé.
Ce que dit l’article L1254-7 du Code du travail
L’article L1254-7 du Code du travail précise que le contrat en portage salarial peut être un CDI ou un CDD. Le CDI portage salarial s’applique dès lors que le consultant effectue des missions auprès d’un ou plusieurs clients de façon régulière. C’est un contrat de droit commun, avec les protections qui vont avec : période d’essai, ancienneté, rupture conventionnelle possible, droit au chômage.
Différence fondamentale avec un CDI classique : en portage, pas de mission facturée, pas de rémunération. La société de portage reste ton employeur entre les missions, elle ne te verse simplement pas de salaire pendant les périodes sans prestation. Le CDI structure le cadre juridique, pas le revenu fixe.
Cas typique : Camille, 34 ans, consultante RH indépendante. Elle signe un CDI de portage salarial en mars 2026. En avril, elle facture une mission à 550 €/jour sur 18 jours : 9 900 € HT. En mai, pas de mission, pas de salaire. En juin, nouveau client, 500 €/jour sur 20 jours. Son CDI continue, ses droits sociaux restent intacts, elle cotise chaque mois où elle facture.
Pourquoi le CDI s’impose comme la norme en portage
En 2015, les CDI représentaient à peine 35 % des contrats de portage. En 2018, lors du premier rapport de branche PEPS, la proportion atteignait 44 %. En 2022, selon les données PEPS croisées avec les DADS, elle dépassait 67 %. Aujourd’hui, plus de 80 % des nouveaux portés signent directement un CDI : ce format est devenu la norme, pas l’exception.
Les raisons sont claires : le CDI ouvre des droits que le CDD ne peut pas offrir. Accès au crédit immobilier facilité, rupture conventionnelle possible si tu veux changer de voie, crédibilité renforcée auprès de certains clients qui préfèrent un interlocuteur en CDI. Pour tout consultant qui fait du portage à plein temps, le CDI est le choix rationnel par défaut.
Comparer CDI et CDD en portage salarial
Les deux contrats coexistent en portage. Le CDD convient pour une première mission test ou une prestation ponctuelle courte. Le CDI portage salarial s’impose dès que tu enchaînes plusieurs missions ou que tu vises une activité régulière. Voici les différences qui comptent vraiment :
| Critère | CDI portage salarial | CDD portage salarial |
|---|---|---|
| Durée du contrat | Indéterminée | Max 18 mois (renouvelable 1 fois) |
| Durée max par mission | 36 mois par client | 18 mois par mission |
| Fin de contrat | Démission ou rupture conventionnelle | Automatique à la fin de la mission |
| Crédit immobilier | ✓ Facilité (CDI rassure les banques) | ✗ Dossier plus difficile à valider |
| Salaire entre missions | Non garanti (0 CA = 0 salaire) | Non garanti |
| Chômage (ARE) à la sortie | ✓ Si rupture conventionnelle ou licenciement | ✓ À la fin du CDD (automatique) |
| Prime de précarité | Non applicable | 10 % du brut versé à la fin |
En résumé : le CDD te donne une prime de précarité à la fin, le CDI te donne une trajectoire. Si tu reviens de congés payés avec un nouveau client en vue, reste en CDD pour cette mission. Mais si tu envisages 12 mois ou plus d’activité régulière, passe directement en CDI portage salarial. Tu éviteras les allers-retours de renouvellement et tu sécurises ton cadre dès le départ. Pour aller plus loin sur les forces et faiblesses du portage en général, l’article sur les avantages et inconvénients du portage salarial te donnera une vision complète.
Remplir les conditions d’accès au portage salarial CDI
Le portage salarial n’est pas ouvert à tout le monde. La CCN du 22 mars 2017 impose deux conditions alternatives pour signer un contrat CDI de portage salarial :
- Diplôme bac+2 minimum dans ton domaine d’activité (BTS, DUT, licence professionnelle, master)
- Ou 3 ans d’expérience professionnelle dans le même secteur, justifiable sur CV et bulletins de salaire
Ce ne sont pas des conditions cosmétiques du portage salarial CDI. Il est réservé aux activités intellectuelles : consulting, formation, audit, ingénierie, marketing, RH, informatique, management de transition. Si ton activité est artisanale ou commerciale, tu n’es pas éligible.
Erreur fréquente : penser que l’ancienneté dans un autre secteur compte. Si tu travailles depuis 6 ans dans la grande distribution et tu veux porter du conseil en stratégie IT, ça ne fonctionne pas. L’expérience doit être dans le même secteur d’activité que les missions que tu vas facturer. La société de portage vérifiera tes documents à la signature du contrat.
La période d’essai est de 4 mois pour les cadres, 3 mois pour les non-cadres. Elle est renouvelable une fois avec accord écrit. Si tu n’as jamais exercé en indépendant, commence par une première mission en CDD de portage. Ça te donne le temps de valider le modèle avant de signer un CDI. Pour comparer toutes tes options de statut, le guide pour devenir freelance en 2026 pose les jalons.
À retenir : bac+2 OU 3 ans d’expérience dans ton secteur. Pas de cumul exigé, pas d’ancienneté minimale dans le portage. La société de portage demande les justificatifs à la signature du contrat.
Calculer ta rémunération réelle en CDI de portage
C’est là que les illusions s’évaporent, et qu’on voit si le portage salarial CDI est rentable pour ton profil. La rémunération en portage n’est pas un salaire fixe : c’est une conversion de ton chiffre d’affaires HT facturé en salaire net, après deux séries de ponctions.
Le TJM minimum fixé par la convention collective 2026
La CCN du portage salarial fixe un salaire minimum brut mensuel de 2 517,13 € en 2026. Pour l’atteindre avec 20 jours facturés par mois, ton TJM (taux journalier moyen) doit couvrir ce plancher après frais de gestion et cotisations. En pratique, un TJM de 250 € HT minimum est nécessaire pour rester au-dessus du plancher CCN.
C’est aussi pourquoi le CDI portage salarial ne convient pas aux profils qui débutent avec un TJM bas. Si tu factures à 150 €/jour, tu resteras sous le salaire minimum de branche, aucune société de portage sérieuse ne pourra signer le contrat. Avant de te lancer, fais une simulation de ton salaire en freelance pour calibrer ton TJM cible.
Le taux de restitution net : ce que tu empoches vraiment
Voici le calcul concret, sans embellissement :
- CA HT facturé : 10 000 €
- Frais de gestion de la société de portage (7 à 11 %) : –700 à –1 100 €
- Cotisations sociales patronales et salariales (environ 42 à 47 % du brut)
- Salaire net : 4 500 à 5 500 €, soit 45 à 55 % du CA HT
Le taux de restitution en portage salarial CDI tourne entre 45 et 55 %. C’est moins qu’en micro-entreprise (70 % pour les services), mais la comparaison s’arrête là. En portage salarial CDI, tu cotises à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, tu valides des trimestres, tu alimentes ton CPF. Tu as aussi une mutuelle imposée par la CCN et des droits à la prévoyance. En micro-entreprise, ces droits sont souvent squelettiques.
À titre de repère : le PMSS (plafond mensuel de la Sécurité sociale) est fixé à 4 005 € en 2026. Tes cotisations retraite de base s’appliquent jusqu’à ce plafond, et les cotisations complémentaires au-delà. Si ton salaire brut dépasse ce seuil, tu cotises sur les deux tranches.
« Le portage salarial CDI, ce n’est pas fait pour maximiser le net à court terme. C’est fait pour construire des droits sociaux solides tout en restant libre de ses missions. »
PEPS, syndicat du portage salarial — 120 000 portés actifs (rapport branche 2024)
Bon à savoir. Certaines sociétés de portage permettent de placer une partie des honoraires dans un compte d’activité pour lisser les revenus d’un mois creux à l’autre. Utile si tes missions sont irrégulières : tu encaisses moins en août, tu complètes en octobre. Vérifie cette option à la signature du contrat.

Activer ta protection sociale complète en CDI de portage
C’est l’argument massue du portage salarial CDI. Contrairement au freelance en nom propre ou en micro-entreprise, tu cotises au régime général de la Sécurité sociale dès le premier euro facturé. Ce que ça couvre concrètement :
- Assurance chômage (ARE) : tu cotises à France Travail. En cas de rupture conventionnelle ou licenciement, tu touches l’allocation sous conditions (6 mois de cotisations sur les 24 derniers).
- Retraite : cotisations de base CNAV + complémentaire Agirc-Arrco. Chaque mois facturé valide des points et des trimestres.
- Mutuelle et prévoyance : la CCN impose à la société de portage une couverture minimale. Les niveaux varient selon les sociétés.
- Congés payés : tu accumules 2,5 jours par mois travaillé. Ils se convertissent en indemnités versées par la société de portage.
- Arrêts maladie : indemnités journalières de la Sécurité sociale dès le 4e jour d’arrêt, calculées sur tes revenus passés.
Erreur courante : penser que l’ARE ne fonctionne pas en portage salarial CDI. C’est faux. La cotisation chômage est prélevée sur chaque bulletin. Si le contrat se termine par une rupture conventionnelle ou un licenciement, tu y as pleinement droit. La société de portage peut initier cette procédure si tu n’as plus de missions.
À retenir : en portage salarial CDI, ta protection sociale est celle d’un salarié du régime général. Retraite, chômage, maladie, mutuelle, tout est là. Ce n’est pas le cas en micro-entreprise, en SASU sans rémunération, ou en portage CDD sans ancienneté.
Utiliser le CDI de portage pour décrocher un crédit immobilier
C’est l’un des arguments les plus concrets pour choisir le portage salarial CDI plutôt qu’une structure en nom propre. Un CDI de portage est juridiquement un CDI, et beaucoup de banques le traitent comme tel, même si le revenu n’est pas fixe. Les conseillers crédit regardent deux choses : la stabilité des revenus sur 12 à 24 mois, et la nature du contrat de travail.
En pratique, un dossier bien constitué améliore franchement les chances d’obtenir un prêt. Les banques regardent : 3 bulletins de salaire réguliers, l’avis d’imposition cohérent, et l’attestation d’emploi de ta société de portage. Les revenus irréguliers restent un frein, mais bien moins qu’en micro-entreprise ou en SASU. Certaines banques et courtiers spécialisés (BPI France, courtiers freelance) ont des grilles d’analyse adaptées aux portés en CDI.
Stratégie classique en 2026 : passer en CDI portage salarial 12 à 18 mois avant de déposer un dossier de prêt. Ce délai suffit à montrer une régularité de revenus et à rassurer le conseiller. Combine ça avec un apport de 10 à 20 % , ton profil devient solide même sans CDI d’entreprise traditionnelle.
Passer en portage salarial CDI : les 3 étapes concrètes
Tu as validé ton éligibilité, calibré ton TJM, et tu veux activer ton CDI de portage salarial. Voici comment ça se passe en pratique, sans le jargon commercial des sites de portage.
Étape 1 : choisir ta société de portage. Compare les frais de gestion (entre 7 et 11 % du CA HT), l’accompagnement proposé (portail facturation, relance impayés, gestion des notes de frais), et les garanties CCN. Acteurs reconnus : ITG, Embarq, Umalis, Coqportage, Hiway. Méfie-toi des frais fixes mensuels élevés si ton CA est irrégulier, ils plombent ta rentabilité les mois sans mission.
Étape 2 : signer le CDI et le contrat de mission. En portage salarial CDI, deux documents distincts structurent ta relation. Le CDI te lie à la société de portage de façon permanente. Pour chaque nouveau client, un contrat de prestation est établi entre la société de portage et l’entreprise. Le CDI n’expire pas quand une mission se termine : c’est son avantage fondamental sur le CDD.
Étape 3 : facturer et recevoir ton salaire. En portage salarial CDI, c’est la société de portage qui facture le client en ton nom. Elle encaisse les honoraires, retire ses frais de gestion, calcule les cotisations, et te verse un salaire net mensuel. Tu reçois un bulletin de paie standard chaque mois facturé. Les mois sans mission : pas de bulletin, pas de salaire, mais le CDI reste actif.
Cas typique : Julien, 41 ans, chef de projet digital. Il quitte son CDI salarié pour le portage en avril 2026. En 3 semaines, il signe avec une société de portage, transmet son premier client, et reçoit son premier bulletin en mai. Son statut : salarié porté en CDI. Ses droits : identiques à son ancien poste.
FAQ : tes questions sur le portage salarial CDI
Le CDI portage salarial donne-t-il droit au chômage ?
Oui, sous conditions. En CDI de portage salarial, tu cotises à l’assurance chômage sur chaque bulletin. Pour toucher l’ARE à la fin du contrat, la rupture doit être involontaire. Trois cas ouvrent le droit : rupture conventionnelle, licenciement pour absence de missions, ou non-renouvellement à la fin des missions. Si tu démissionnes, pas d’ARE. La durée d’indemnisation dépend de ta période de cotisation, comme tout salarié en CDI classique. En portage salarial CDI, les droits à l’ARE sont identiques au régime général.
Peut-on cumuler un CDI classique et un CDI de portage salarial ?
Oui, c’est légal. Un salarié en CDI peut signer en parallèle un CDI portage salarial pour des activités distinctes de son emploi principal. Il faut juste vérifier deux points : la clause d’exclusivité éventuelle de son contrat initial, et le principe de non-concurrence. Beaucoup de cadres utilisent ce cumul pour monétiser une expertise complémentaire sans quitter leur poste. Relis ton contrat avant de signer.
Combien faut-il facturer pour toucher 3 000 € net en CDI de portage ?
Avec un taux de restitution de 50 %, tu dois facturer environ 6 000 € HT par mois pour toucher 3 000 € net. Sur 20 jours facturés, ça correspond à un TJM de 300 €. Sur 16 jours, il faut monter à 375 €/jour. Les frais de gestion (7 à 10 %) sont déduits avant le calcul des cotisations, ils impactent directement le brut de base. Si tu veux aller plus loin, notre guide complet compare aussi portage salarial, SASU et micro-entreprise sur les aspects financiers.
CDI de portage salarial ou création de société : que choisir ?
Le CDI portage salarial est idéal si tu veux tester l’indépendance sans structure juridique à gérer, ou si ta priorité est de maintenir une protection sociale solide. La SASU ou l’EI donnent plus de liberté fiscale et un meilleur taux de restitution à partir d’un certain CA, mais avec des charges administratives plus lourdes. Règle pratique en 2026 : sous 60 000 € de CA annuel, le portage salarial CDI est souvent plus simple et plus sécurisé. Au-delà, une structure propre mérite d’être sérieusement envisagée.